18 août 2019

Parashat Kedoshim

ב »ס

Parashat Kedoshim – פרשת קדושים
Vaykra 19-20
לעלוי נשמות אחינו בני ישראל שנהרגו על קדוש השם
Dédié à la mémoire des victimes de la Shoa

Sur les 613 mitsvot décomptées dans la Tora, notre parasha en comporte cinquante et une. Une partie concerne la relation de l’homme avec Dieu, et l’autre sa relation avec son prochain – בין אדם למקום – בין אדם לחברו.

L’exigence de sainteté qui nous interpelle dès le premier verset, est présente tout au long de la parasha :

דבר אל-כל-עדת בני-ישראל ואמרת אלהם קדשים תהיו כי קדוש אני ה » אלהיכם

(Hashem ordonne à Moshe) “Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël et tu leur diras: vous serez saints, car je suis saint moi l’Eternel votre Dieu”.

Le Natsiv de Vologin (cité par Leibowitz), fait remarquer que si l’expression « parle aux enfants d’Israël » est fréquente dans la Tora, la manière dont elle est formulée dans notre parasha est, elle, exceptionnelle, par l’introduction de l’adverbe « tout » Kol Adat…

Le fait que Moshé doive parler de Kédousha « à toute » l’assemblée, signifierait « à chacun », non à Israël en tant que collectivité, mais à chaque individu qui la compose.

Le Natsiv nous enseigne que la signification de la sainteté exigée, diffère d’un individu à l’autre, selon ses qualités, sa nature, ses capacités ou son niveau de compréhension. Tandis que les mitsvot « pratiques » sont égales pour tous, qu’on soit grand ou petit, jeune ou vieux, talmid-hakham ou ignorant. Alors qu’en matière de « sainteté », il appartient à chacun de tenter de progresser selon ses possibilités et sa spécificité.

Je suis l’Eternel

Une fois de plus, on remarquera que de façon récurrente, l’expression « je suis l’Eternel (votre Dieu) » אני ה » (אלהיכם) vient clore un certain nombre de mitsvot, entre l’homme et Dieu, ce qui peut paraitre évident, mais également les mitsvot entre l’homme et son prochain.

Voici quelques exemples :

-craignez chacun, votre père et votre mère, et observez mes Shabbatot, je suis l’Eternel votre Dieu.

-ne vous tournez point vers les idoles…..je suis l’Eternel votre Dieu.

-……tu n’achèveras pas la moisson au coin de ton champs, et la glanure de ta moisson tu ne ramasseras pas. Tu ne grappilleras point les grains épars de ta vigne. Abandonne les au pauvre et à l’étranger, je suis l’Eternel votre Dieu.

-ne maudis pas un sourd, et ne place pas d’obstacle devant un aveugle, je suis l’Eternel.

-ne te venges ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même, je suis l’Eternel.

-…..l’étranger qui séjourne avec vous, tu l’aimeras comme toi-même…je suis l’Eternel votre Dieu.

-Lève-toi devant une tète blanche, et honore la personne du vieillard, crains ton Dieu, je suis l’Eternel.

-Ayez des balances exactes…..je suis l’Eternel.

Cette répétition de « je suis l’Eternel » est ainsi commentée par Rabbeinou Behayé : (traduction libre)

« Et la raison en est que toutes les mitsvot sont d’origine divine, et les mitsvot pratiques témoignent de la divinité. C’est pourquoi les sages ont dit (Talmud traité Avoda zara) : כל העוסק בתורה בלבד דומה כמי שאין לו אלוה – tout celui qui ne s’occupe que de Tora, est comparable à quelqu’un qui n’a pas de Dieu. Car celui qui étudie toujours la Tora, et ne s’efforce pas de réaliser les mitsvot pratiques, n’a pas d’intégrité ( שלמות ) du tout, il est proche de l’impiété, car il ne témoigne pas de la divinité par ses actes, et les conviction véritables ne perdurent et ne se réalisent qu’à travers des actes. C’est pourquoi la Tora conclut l’énumération d’un certain nombre de mitsvot par « je suis l’Eternel ».

Le rav ne cite ni le ciel, ni le monde, ni la nature, ni des évènements historiques pour témoigner de la présence divine. C’est l’action quotidienne de l’homme, qui en porte témoignage. Et une personne qui étudierait la Tora, sur le mode de l’acquisition de connaissances, ou en s’isolant du monde, de la société et de la relation à autrui « est proche de l’impiété », et « est comparé à quelqu’un qui n’a pas de Dieu ».

A l’inverse, selon Y. Leibowitz, on pourrait dire d’un homme « qu’il a un Dieu », lorsque sa conscience religieuse l’engage de façon concrète à mettre en pratique toutes ces mitsvot détaillées dans notre parasha.

Shabbat Shalom